Marchés, Organisations et Institutions

Séance 3 : La nature de la firme

Jérôme Deyris

Introduction

Questionnaire en ligne

Comme d’habitude, petit questionnaire sur coursenligne sur la séance 2.

Le programme d’aujourd’hui

Après avoir vu

  • les bonnes propriétés des marchés chez les classiques, les néoclassiques et les autrichiens
  • les limites du marché chez les institutionnalistes et les autres sciences sociales

On va s’éloigner un peu du marché et du mécanisme des prix pour s’interroger sur la nature de la firme

La question du jour

Si le système de prix est si efficace…


Pourquoi existe-t-il des FIRMES ?


Pourquoi n’externalise-t-on pas tout ?

Pourquoi ne sommes nous pas tous des travailleurs indépendants spécialisés échangeant sur un marché géant ?

Ronald Coase (1910-2013)

The Nature of the Firm (1937)

The Problem of Social Cost (1960)

Un article pionnier

The Nature of the Firm (1937)

  • Idées conçues lors d’un voyage aux États-Unis en 1931-32 (à 21 ans !)
  • Visite d’usines ; examen des comptes ; entretiens semi-directifs
  • Article présenté en 1932, publié dans Economica en 1937
  • “Beaucoup cité et peu utilisé” pendant 30 ans (Coase, 1972)
  • Redécouvert dans les années 1970 (Prix “Nobel” d’économie en 1991)

Cet article va révolutionner la théorie économique en introduisant le concept de coûts de transaction

Le contexte historique

Années 1930 :

  • L’économie planifiée (URSS) comme une puissance industrielle montante

    • Mises+Hayek VS Lange-Lerner sur la possibilité du calcul économique sous le socialisme
  • … Mais dans le même temps, multiplication des grandes firmes aux États-Unis (Ford, General Motors, US Steel…)

    • Beaucoup de coordination hors marché également !

➜ Coase va s’intéresser à ces “ilôts de pouvoir conscient dans cet océan de coopération inconsciente

L’observation de Coase

Coase part d’une constatation empirique simple mais troublante :

“En dehors de la firme, les mouvements de prix dirigent la production, qui est coordonnée par une série de transactions sur le marché”.

“À l’intérieur de la firme, ces transactions de marché sont éliminées et la structure compliquée du marché avec des transactions d’échange est remplacée par l’entrepreneur-coordinateur qui dirige la production.”

“Si un travailleur se déplace d’un service Y vers le service X, il ne le fait pas en raison d’un changement de prix relatif mais parce qu’on lui ordonne de le faire.

Coase (1937)

Le paradoxe

La théorie économique loue les vertus du mécanisme de prix :

  • CF Séance 1 : incitatif (Smith), efficace (Walras), informatif (Hayek),

Pourtant, une grande partie de l’activité économique se déroule à l’intérieur des firmes où le mécanisme de prix ne joue pas !

Si le marché est si efficace, pourquoi existe-t-il des “îlots de pouvoir conscient” (les firmes) dans cet “océan de coopération inconsciente” (le marché) ?

L’absence de théorie de la firme

Avant Coase, la théorie économique n’explique pas la firme :

  • La firme est une boîte noire

    • simple fonction de production (inputs → outputs)
    • une “firme point” qui maximise son profit en fonction du système de prix

➜ Pas de questionnement sur ce qui se passe à l’intérieur, pas d’explication de son existence ni de sa taille

“La firme dans la théorie économique moderne est une organisation qui transforme des inputs en outputs. […] Nous avons des consommateurs sans humanité, des firmes sans organisation et même des échanges sans marché.”

Coase (1988)

La question centrale de Coase

Coase formule explicitement le problème à résoudre :

“Notre tâche est de découvrir pourquoi une firme émerge dans une économie spécialisée dans les échanges.”

Coase (1937)

  • Existence : Pourquoi existe-t-il des firmes ?
  • Limites : Pourquoi toute la production n’est-elle pas coordonnée par le marché ? Par une firme unique ?
  • Nature : Qu’est-ce qui différencie coordination marchande et coordination interne ?

Les explications rejetées par Coase

Un raisonnement par élimination

Avant de proposer sa propre réponse, Coase examine les explications alternatives de l’existence de la firme et les rejette tour à tour :

  1. La préférence pour la direction
  2. La division du travail
  3. L’incertitude

➜ Cette méthode d’élimination est une partie essentielle de l’argumentation de Coase

1. La préférence pour la direction

Certaines personnes préfèrent peut-être travailler sous la direction d’autres ?

Coase rejette cet argument :

  • La tendance opposée semble dominer : on valorise le fait d’être “son propre maître” (“being one’s own master”)
  • Si c’est le désir de diriger qui motive, cela impliquerait que les dirigeants paient pour diriger — or ils sont payés pour le faire

➜ Les préférences psychologiques ne suffisent pas à expliquer le phénomène

2. La division du travail

La firme naîtrait de la complexité croissante de la division du travail, nécessitant une “force d’intégration”

Coase rejette cet argument :

“La ‘force d’intégration dans une économie différenciée’ existe déjà sous la forme du mécanisme de prix. C’est peut-être l’accomplissement majeur de la science économique d’avoir montré qu’il n’y a aucune raison de supposer que la spécialisation doive mener au chaos.”

Coase (1937)

➜ Le marché intègre déjà la division du travail. Il faut expliquer pourquoi on lui substitue l’entrepreneur.

3. L’incertitude (Knight)

Pour Knight (Risk, Uncertainty and Profit, 1921), c’est l’incertitude qui crée le besoin d’entrepreneurs.

  • Sans incertitude, tout serait automatique => pas besoin de managers
  • Avec incertitude, il faut quelqu’un pour prendre les décisions et assumer le risque

l’entrepreneur est quelqu’un qui garantit un revenu fixe aux travailleurs et prend à sa charge le risque résiduel lié à l’incertitude

Les objections de Coase à Knight

1. On peut vendre son expertise sans diriger

  • Si quelqu’un a un meilleur jugement, il peut simplement vendre ses conseils
    • Exemple : les consultants, les experts, les analystes

2. On peut garantir un revenu sans exercer de direction

  • Beaucoup de contrats garantissent un prix fixe pour un résultat, sans direction
    • Exemple : contrats de sous-traitance, artisans, freelances

➜ Pas besoin de créer une firme et d’employer des gens pour gérer l’incertitude

Les coûts de transaction

La réponse de Coase

Si les explications précédentes sont insuffisantes, c’est qu’il faut chercher ailleurs. Coase trouve la réponse dans les coûts d’utilisation du système de prix :

“La principale raison pour laquelle il est rentable d’établir une firme semble être qu’il existe un coût d’utilisation du mécanisme de prix.”

Coase (1937)

Innovation conceptuelle majeure : le marché n’est pas gratuit. L’utiliser a un coût, que Coase appelle les coûts de transaction (ou marketing costs)

Qu’est-ce qu’un coût de transaction ?

Coase identifie trois types de coûts liés à l’utilisation du mécanisme de prix :

  1. Les coûts de découverte des prix pertinents
  • Rechercher l’offre disponible, comparer les prix, identifier les conditions du marché
  • Ces coûts peuvent être réduits par des spécialistes, mais pas éliminés
  1. Les coûts de négociation et de conclusion des contrats
  • Négocier les termes de l’échange, rédiger les contrats, mettre en place les garanties

Qu’est-ce qu’un coût de transaction ?

Coase identifie trois types de coûts liés à l’utilisation du mécanisme de prix :

  1. Les coûts de répétition des contrats
  • Comme les contrats sont de court terme, il faut les renégocier régulièrement
  • Ce qui multiplie les coûts 1 et 2

L’absence du commissaire-priseur

Dans la théorie walrasienne (cf séance 1), le commissaire-priseur :

  • Collecte gratuitement toute l’information
  • Calcule instantanément les prix d’équilibre
  • Coordonne tous les agents sans coût

Dans la réalité, et chez Coase, pas de commissaire-priseur

  • Les agents doivent chercher l’information eux-mêmes → coûteux
  • Les négociations prennent du temps → coûteux
  • Les contrats doivent être répétés → coûteux

Exemples de coûts de transaction

Exemple 1 : Embaucher un travailleur

Au lieu de passer par le marché pour chaque tâche, l’entreprise embauche :

  • Évite de chercher un prestataire pour chaque tâche
  • Évite de négocier un contrat pour chaque tâche
  • Un seul contrat de travail couvre de multiples tâches

Exemples de coûts de transaction

Exemple 2 : Intégration verticale

Au lieu d’acheter un composant sur le marché (“faire faire”), je peux intégrer cette production (“faire”):

  • Évite les coûts de recherche de fournisseurs
  • Évite les coûts de négociation répétés
  • Évite les coûts de contrôle de la qualité

Et la réglementation ?

Coase note aussi que les réglementations peuvent favoriser l’émergence de firmes :

  • Une taxe sur les ventes s’applique aux transactions de marché mais pas aux transactions internes à la firme
  • Les quotas et le contrôle des prix avec rationnement avantagent ceux qui produisent en interne

➜ Un traitement réglementaire différencié peut encourager l’intégration… mais il est “difficile à croire que ce soient ces réglementations qui aient créé les firmes” (Coase, 1937)

La coordination dans la firme

Un mode de coordination différent

Dans la firme, la coordination ne se fait pas par les prix mais par l’autorité

“Dans le monde réel, si un ouvrier passe du département Y au département X, il ne le fait pas en raison d’un changement des prix relatifs, mais parce qu’on lui a ordonné de le faire.”

Coase (1937)

Distinction fondamentale :

  • Sur le marché : Coordination par les prix
  • Dans la firme : Coordination par l’autorité de l’entrepreneur

Le contrat de travail vs le contrat commercial

Sur le marché : Contrat commercial

  • Spécifie précisément ce qui doit être fait
  • Court terme généralement, renégocié fréquemment

Dans la firme : Contrat de travail

  • Incomplet : ne spécifie PAS à l’avance toutes les tâches
  • Long terme généralement
  • L’employeur décide des tâches ex post, dans certaines limites
  • L’employé accepte d’obéir dans ces limites

Le contrat de travail vs le contrat commercial

“Le contrat est un contrat par lequel le facteur [facteur travail, càd l’employé], pour une certaine rémunération, accepte d’obéir aux directives d’un entrepreneur dans certaines limites.”

Coase (1937)

L’avantage de l’incomplétude

Le contrat de travail incomplet présente des avantages :

1. Économie sur les coûts de rédaction

  • Pas besoin de tout spécifier à l’avance
  • Un seul contrat remplace une série de contrats

2. Flexibilité face à l’incertitude

  • L’entrepreneur peut attendre de voir
  • Il décide ex post une fois les incertitudes levées

L’avantage de l’incomplétude

Le contrat de travail incomplet présente des avantages :


3. Adaptation aux circonstances

  • Plus le contrat est long, moins il est possible de tout prévoir
  • C’est surtout important pour les services (travail) que pour les biens

Les frontières de la firme

La question des limites

Si la firme permet d’économiser sur les coûts de transaction…


Pourquoi n’existe-t-il pas UNE SEULE grande firme pour toute l’économie?


Car coordonner l’activité en interne cause aussi des coûts :

  • Qui augmentent plus que proportionnellement avec la taille de l’entreprise
  • Ce sont les rendements décroissants du management

Les rendements décroissants du management

Plus la firme s’agrandit, plus il devient coûteux de l’organiser

“À mesure que les transactions qui sont organisées augmentent, l’entrepreneur échoue à placer les facteurs de production dans les usages où leur valeur est la plus grande.”

Coase (1937)


Pourquoi ces rendements décroissants au management ?

Les rendements décroissants du management

Les limites de l’entrepreneur coordinateur augmentent la probabilité d’erreurs dans l’allocation des ressources

  • Les connaissances nécessaires augmentent
  • L’information devient trop difficile à traiter

Amplifié par les préférences des travailleurs :

  • Certains travailleurs préfèrent être indépendants (salaire > prix)
  • Les petites firmes peuvent offrir des “autres avantages”

➜ À force d’intégrer / de grossir, il devient plus rentable d’acheter sur le marché que de produire en interne

Le raisonnement marginaliste

Coase applique un raisonnement à la marge :

La firme intègre des activités jusqu’à ce que :

“Les coûts d’organisation d’une transaction supplémentaire au sein de la firme deviennent égaux aux coûts de réalisation de la même transaction par l’intermédiaire d’un échange sur le marché ou aux coûts d’organisation par une autre firme.”

Coase (1937)

graph LR
    A[Activité N] --> B[COMPARAISON DES COÛTS]
    B -->|Coûts internes < Coûts marché| C[INTÉGRER]
    B -->|Coûts internes > Coûts marché| D[EXTERNALISER]
    
    style C fill:#d4edda
    style D fill:#f8d7da

Les facteurs qui influencent la taille

Coase déduit que, toutes choses égales par ailleurs, une firme sera plus grande :

  • (a) Plus les coûts d’organisation sont faibles et croissent lentement
  • (b) Moins l’entrepreneur fait d’erreurs et moins celles-ci croissent avec la taille
  • (c) Plus le prix des facteurs de production baisse (ou augmente peu) avec la taille de la firme

Et les inventions qui rapprochent les facteurs de production (téléphone, télégraphe) ou améliorent la technique managériale tendent à augmenter la taille des firmes

La définition de la firme

Une définition par l’autorité

Pour Coase, la firme se définit par l’existence d’une relation d’autorité :

“Une firme consiste en un système de relations qui naît quand la direction des ressources dépend d’un entrepreneur.”

“Si un travailleur se déplace d’un service Y vers le service X, il ne le fait pas en raison d’un changement de prix relatif mais parce qu’on lui ordonne de le faire.

Coase (1937)

Une définition par l’autorité

Pour Coase, ce qui caractérise la firme :

  • Pas sa forme juridique (qui peut prendre diverses formes)
  • Pas la propriété des actifs (cf débats Berle et Means 1932)

Mais la supression du mécanisme de prix :

  • là où les ressources sont dirigées par l’autorité d’un entrepreneur plutôt que par le système de prix

Deux formes de coordination

Dimension Marché Firme
Coordination Par les prix Par l’autorité
Contrat Commercial, complet De travail, incomplet
Durée Court terme Long terme
Adaptation Par renégociation Par ordre hiérarchique
Information Décentralisée (Hayek) Centralisée par l’entrepreneur

Le rapprochement avec le droit

Coase rapproche son concept économique de firme du concept juridique d’employeur et d’employé

Selon le droit anglais de l’époque, ce qui caractérise la relation “master-servant”:

  1. Le “serviteur” doit rendre des services personnels au “maître”
  2. Le “maître” a le droit de contrôler le travail du “serviteur”
  3. Le “maître” peut lui dire quand travailler et comment faire le travail

En droit français moderne, on parlerait de relation employeur - salarié et de lien de subordination

Le rapprochement avec le droit

La distinction juridique clé :

Employé (servant) Contractant indépendant
Sous direction du maître Libre dans l’exécution
Contrôle sur le comment Contrôle seulement sur le résultat
Exemple : salarié Exemple : plombier, consultant

La firme au sens économique = là où existe un pouvoir de direction sur le travail d’autrui

Portée et limites de l’analyse

L’apport révolutionnaire de Coase

Ce que Coase accomplit :

  1. Il introduit les coûts de transaction : le marché n’est pas gratuit

  2. Il explique l’existence des firmes : elles existent pour économiser sur les coûts de transaction

  3. Il définit la firme par la relation d’autorité et non comme simple fonction de production

  4. Il fonde une théorie des frontières de la firme : arbitrage coûts internes / coûts de marché

  1. Il inaugure une méthode : la comparaison d’arrangements institutionnels, aucun n’étant parfait

L’impact de l’article

Réception initiale :

  • Article de 1937 “beaucoup cité, peu utilisé” pendant 30 ans (Coase, 1972)
  • La profession n’était pas prête : l’objet de la microéconomie était les marchés, pas les firmes

Redécouverte dans les années 1970 :

  • C’est le succès de “The Problem of Social Cost” (1960) qui permet la redécouverte de l’article de 1937
  • Développement de la nouvelle économie institutionnelle
  • Le concept de coût de transaction devient central

L’impact de l’article

L’article de 1937 a été cité plus de 59 000 fois selon Google Scholar (2024), et a valu à Coase le Prix “Nobel” en 1991

  • “Pour sa découverte et clarification de l’importance des coûts de transaction et des droits de propriété pour la structure institutionnelle et le fonctionnement de l’économie”

““I could never have imagined that these ideas would become some 60 years later a major justification for the award of a Nobel Prize. And it is a strange experience to be praised in my eighties for work I did in my twenties.”

Coase, à la réception du prix en 1991

Les limites de l’approche de Coase

1. Manque d’opérationnalité

  • Les sources des coûts de transaction restent floues
  • L’arbitrage reste vague et difficile à tester empiriquement
  • On ne sait pas bien mesurer ces coûts

2. Définition de la firme problématique

  • Des relations d’autorité existent aussi sur le marché (sous-traitance, franchise…)
  • Où se situe la frontière exacte ? Coase lui-même reconnaît : pas de ligne nette

Les limites de l’approche de Coase

3. Hypothèses comportementales insuffisantes

  • Coase décrit les phénomènes de surcharge cognitive et d’erreur croissante…
  • …mais ne les formalise pas en hypothèses explicites sur le comportement des agents

Questions ouvertes

L’article de Coase ouvre de nombreuses questions :

  1. Comment mesurer les coûts de transaction ?
    • Comment les rendre opérationnels et testables ?
  1. Quels sont les déterminants précis des coûts de transaction ?
    • Quelles caractéristiques d’une transaction la rendent coûteuse ?
  1. Existe-t-il d’autres modes de coordination que marché et firme ?
    • Alliances, réseaux, sous-traitance, plateformes…
  1. Que se passe-t-il à l’intérieur des firmes ?
    • Relations employeur/employés, incitations, conflits d’intérêts

Transition vers le chapitre 4

Pour répondre à ces questions, il faudra opérationnaliser l’intuition de Coase :

  1. Préciser les hypothèses comportementales qui expliquent pourquoi les contrats sont incomplets et les transactions coûteuses

  2. Identifier les caractéristiques des transactions qui déterminent le niveau des coûts de transaction

  3. Proposer une théorie prédictive : quelle structure de gouvernance pour quelle transaction ?

➜ C’est l’objet de la théorie d’Oliver E. Williamson

Références bibliographiques

Coase, R.H. (1937). “The Nature of the Firm”, Economica, 4(16), 386-405.

Coase, R.H. (1960). “The Problem of Social Cost”, Journal of Law and Economics, 3, 1-44.

Coase, R.H. (1972). “Industrial Organization: A Proposal for Research”, in V. Fuchs (ed.), Policy Issues and Research Opportunities in Industrial Organization, NBER.

Coase, R.H. (1988). The Firm, the Market and the Law, Chicago: University of Chicago Press.

Coase, R.H. (1991). “The Institutional Structure of Production”, Nobel Prize Lecture.

Berle, A. & Means, G. (1932). The Modern Corporation and Private Property. New York: Macmillan.

Knight, F.H. (1921). Risk, Uncertainty and Profit. Boston: Houghton Mifflin.

Bertrand, É. (2017). “Ronald Coase, un siècle d’économie”, La Vie des idées.

Weinstein, O. (2009). “L’entreprise, boîte grise de la théorie économique”, Alternatives Économiques.